La crise iranienne rend les marchés imprévisibles : que peuvent faire les investisseurs ?
Il n’est pas facile de dire ce que la crise iranienne signifie pour les marchés, notamment parce qu’elle change d’heure en heure. J'écris ceci mercredi; d'ici vendredi, tout aurait pu arriver, comme l'ont montré les fluctuations du prix du pétrole de près de 30 dollars lundi.
L’hypothèse logique est que la crise iranienne va se résorber et que les prix de l’énergie vont baisser. C’est ce qui caractérise les bouleversements au Moyen-Orient depuis au moins une vingtaine d’années. Dans ce cas, il n’y a pas grand chose à gagner à s’inquiéter des fluctuations à court terme. Pendant la majeure partie des deux dernières semaines, tel a été le consensus parmi les investisseurs. Les marchés ont été beaucoup plus calmes qu’on pourrait le prévoir, à quelques exceptions près, comme le recul de la Corée, qui s’est accentué ces derniers temps. Ignorez les gros titres hyperboliques sur la « chute » et la « chute » sur des baisses d’environ 3 % : les actions n’ont pas paniqué jusqu’à présent.
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Dans cet esprit, notons que même si les actions non américaines ont battu les États-Unis l'année dernière, ce n'est qu'aux États-Unis que les bénéfices ont répondu aux attentes, souligne Paul Niven de F&C Investment Trust (LSE : FCIT). Les investisseurs qui ont fait grimper les actions européennes sont impatients de voir la croissance se concrétiser. Plus la crise se prolonge, moins cela est probable et plus les marchés risquent de subir des revers.
Trois raisons de craindre que la crise iranienne ne se prolonge
La raison évidente de l’optimisme est qu’une interruption prolongée des exportations pétrolières ne profitera à presque personne. Pourtant, si l’on veut être pessimiste, les trois principaux participants pourraient avoir un avis différent. L’Iran pourrait être incité à maximiser les perturbations cette fois-ci, car le coût d’une nouvelle attaque à l’avenir semblerait beaucoup plus élevé. Israël pourrait vouloir continuer jusqu'à ce que le gouvernement iranien tombe et que ses capacités militaires soient détruites.
Les États-Unis ne gagnent rien à une crise prolongée qui maintient les prix du pétrole à un niveau élevé, mais ils semblent avoir engagé ce combat sans plan clair pour y mettre fin. Les marchés ont considéré comme rassurants les commentaires de Donald Trump selon lesquels l'attaque était « à peu près terminée », mais ils auraient peut-être dû être effrayés par les signes évidents d'un président erratique qui ne semblait pas maîtriser les faits.
Le résultat est donc à deviner. Tout ce que nous pouvons dire, c’est que le monde semble de plus en plus instable. Il y a toujours eu des chocs financiers (« les marchés escaladent un mur d’inquiétude », comme le dit l’adage), mais la principale différence aujourd’hui est que le cadre géopolitique dans lequel nous investissons devient de plus en plus instable. L’une des principales conséquences de cette situation est que l’inflation sera plus volatile car les chaînes d’approvisionnement seront plus facilement perturbées. La protection contre l’inflation – actifs réels et actions dotés d’un pouvoir de fixation des prix – sera de plus en plus importante.
