Le RSPH appelle à un « droit universel à un lieu de travail sain »
Près de la moitié de la population active britannique, soit plus de 10 millions de personnes, n'a pas accès aux soins de santé essentiels, tels que les contrôles de santé de routine ou les vaccins contre la grippe, prévient une étude.
Le rapport de la Royal Society for Public Health (RSPH) appelle à un « droit universel à un lieu de travail sain » pour tous les employés, la santé au travail et les ressources humaines travaillant plus étroitement ensemble pour intégrer les services de santé au sein de leurs organisations.
Les personnes travaillant dans des secteurs moins bien rémunérés tels que l’agriculture et l’hôtellerie sont représentées de manière disproportionnée dans les chiffres et sont donc les plus susceptibles de ne pas bénéficier d’une aide, même si elles travaillent dans des secteurs qui s’avèrent les moins sains pour les travailleurs.
La publication du rapport intervient avant la deuxième lecture du projet de loi sur les droits en matière d'emploi, qui doit être débattu au Parlement plus tard dans la journée (21 octobre).
Le projet de loi propose un certain nombre de changements au droit du travail, tels que l'introduction universelle d'indemnités de maladie dès le premier jour et l'adoption par défaut du travail flexible.
Le RSPH fait valoir que, même si le projet de loi est le bienvenu, il reste encore beaucoup à faire pour garantir que les lieux de travail du Royaume-Uni deviennent un moteur de bonne santé pour l'ensemble de la population. Les principales recommandations comprennent :
- Le gouvernement devrait établir une « norme nationale obligatoire en matière de santé et de travail », fixant un niveau minimum de soutien auquel les employés devraient avoir droit.
- Les indemnités de maladie devraient être disponibles dès le premier jour d'emploi d'une personne, avec un salaire dès le premier jour d'arrêt de travail, et les entreprises devraient être incitées à verser un salaire décent aux employés pendant leur arrêt de travail.
- Les professionnels des ressources humaines doivent être perfectionnés, avec le soutien de spécialistes de la santé au travail, pour garantir qu'ils sont en mesure d'intégrer l'amélioration de la santé dans leur organisation.
- Le gouvernement devrait explorer les moyens d’inciter les employeurs, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), à investir dans leur main-d’œuvre à court terme, leur permettant ainsi de récolter les fruits à long terme d’une productivité plus élevée.
- Le gouvernement devrait travailler avec l'Office national des statistiques et les entreprises pour créer des collectes de données standardisées sur la santé de la main-d'œuvre, permettant ainsi de suivre et d'évaluer correctement l'impact des interventions.
Le RSPH a fait valoir que mettre l’accent sur la création de lieux de travail plus sains contribuerait à réduire le coût économique de la mauvaise santé, estimé à environ 100 milliards de livres sterling chaque année.
Le directeur général du RSPH, William Roberts, a déclaré : « Nous traversons une période critique pour la santé de notre pays. Des millions de personnes quittent le marché du travail en raison de problèmes de santé. Cela nous coûte des dizaines de milliards chaque année. Cela exerce également une pression supplémentaire sur nos services de santé, laissant les gens languir sur des listes d'attente.
« Le projet de loi sur les droits en matière d'emploi constitue un grand pas dans la bonne direction, mais nous devons aller plus loin et plus vite. Nous passons une grande partie de notre vie d’adulte sur et autour du lieu de travail. Nous devons réfléchir à la manière dont nous utilisons nos lieux de travail pour améliorer la santé, maintenir les gens en bonne santé et éviter que ceux-ci ne soient mis en congé de maladie.
« À l’heure actuelle, nos lieux de travail exacerbent les inégalités en matière de santé. Cela signifie que des millions de personnes qui bénéficieraient le plus d’un soutien en matière de santé au travail n’en bénéficient pas.
« Nous savons que les entreprises veulent en faire davantage pour créer des lieux de travail sains et soutenir leurs employés. Ce rapport présente un ensemble de recommandations claires et réalisables qui auront un réel impact si elles sont mises en œuvre par les décideurs politiques », a ajouté Roberts.
